27/03/2008

Le courage que n'a pas eu la société

286702499.jpgLa société n'a pas eu le courage d'aborder à bras le corps la question de l'euthanasie, ou du suicide assisté comme on le nomme pudiquement dans certains (trop rares ?) pays. Certains cas très concrets se sont pourtant présentés, et n'ont suscité que des débats sans que rien ne soit réellement tranché. La peur du dérapage, le poids de la tradition chrétienne, la réticence de la médecine qui refuse de reconnaître ses limites..
 
Ce courage, il aura fallu que Chantal Sébire le trouve en elle-même. La société lui a refusé le droit de mourir dignement par un acte médicalement assisté, mettant ainsi fin à des souffrances qu'elle ne supportait plus et sans espoir de guérison. Ce courage que n'a pas eu la société, il lui a fallu le trouver elle-même, pour avaler une forte dose de barbituriques (trois fois la dose mortelle).

Quelle importance au final ? Elle n'a pas eu le réconfort d'être accompagnée dans ses tout derniers instants. Son décès suscite l'ouverture d'une enquête avec autopsie, recherche de la provenance des barbituriques, et des personnes qui les lui ont procuré (et pourraient être inquiétées), alors qu'une procédure dûment encadrée permettrait d'alléger toute cette agitation post-mortem. Enfin, la démarche du suicide n'a rien à voir avec celle de l'euthanasie qui serait en fait un geste médical encadré qui aurait pour but de soulager définitivement et humainement les personnes qui en feraient la demande alors que la médecine ne peut plus les sauver.
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A la photo omniprésente de la femme défigurée par la maladie, je préfère cette photo en hommage... 

21/03/2008

Tous tibétains...

59681631.pngNous sommes toutes et tous Tibétains ! Voila le genre de cri que devraient pousser toutes les femmes et les hommes d'occident à la face de la Chine...

Ce petit état annexé dans les années 50 avait plutôt pris jusqu'ici le parti de la non-violence et de la diplomatie afin de résister à l'occupation chinoise et à l'assimilation forcée. Depuis quelques semaines, le Tibet s'embrase, ouvrant ainsi la porte à une sévère répression de la part de l'armée chinoise. Cet embrasement est-il encouragé par une nouvelle action de la Chine contre le Tibet, ou par le fait que la résistance tibétaine souhaite utiliser l'exposition médiatique de la Chine en tant que pays organisateur des J.O afin de bénéficier elle aussi d'une tribune médiatique ?

Malgré l'importance des intérêts en jeu, on ne peut pas laisser massacrer des gens qui n'aspirent qu'à leur liberté (et encore, les revendications ne portent que sur une autonomie culturelle, pas sur une indépendance) et n'ont que leur colère à opposer aux balles et aux tanks de l'armée chinoise.

On parle de menacer de boycott des J.O ? Ce n'est pas crédible et les chinois le savent bien ! Quels seraient les pays qui renonceraient aux médailles qu'ils pensent pouvoir ramener de Pékin, et prendraient également le risque de froisser l'Empire du Milieu. Il me semble que les Américains avaient boycotté les J.O de Moscou en réaction contre l'invasion de l'Afghanistan par l'Armée Rouge, sans succès. La première connerie a bien été d'accorder l'organisation des J.O à ce pays qui, de notoriété publique, n'a pas la moindre once d'esprit Coubertin, et de permettre ainsi à ce régime ostensiblement anti-démocratique d'avoir les moyens de se mettre en valeur pendant quelques mois... ...mais les intérêts du C.I.O rejoignent parfois de façon bien bassement matérielle les intérêts économiques... L'argument qui était de faire valoir que la tenue de la plus grande compétition sportive internationale allait obliger de fait la Chine à entrouvrir les portes de la liberté n'était qu'un leurre.

S'il n'y avait pas des vies en jeu, le vocabulaire des autorités chinoises prêterait à sourire, tellement il n'a pas évolué depuis les sombres heures du communisme, complètement décalé, presque caricatural, lorsqu'il parle du Dalaï-Lama "et toute sa clique", et le définit avec des termes dignes de l'imagerie du Moyen-Age en le décrivant comme un "loup en robe de moine" ou de "monstre à face humaine mais au coeur d'animal"...

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Reporters sans frontières a mis en vente des T-Shirts à l'effigie de cet entrelacement de menottes en guise d'anneaux olympiques. Je viens de commander le mien...

 

16/03/2008

le verdict des urnes...

324885912.jpgIl n'aura pas fallu de second tour pour élire le conseil municipal du village. L'affaire a été rapidement entendue, faute de candidats supplémentaires : une seule liste était présente. J'ai donc eu l'honneur d'être élue avec un nombre de voix qui me placerait au milieu de la liste, si on devait faire un classement. Le résultat est encore plus flatteur si on le calcule en pourcentage : 86%, digne d'une république bananière ou d'un régime à parti unique. Mais les chiffres se trouvent faussés du fait de l'absence de concurrence.

Le dépouillement n'a pas forcément été une formalité, puisque dans nos petites communes il est permis de rayer un ou plusieurs membres d'une liste que l'on ne souhaite pas élire, et même de rajouter les noms de personnes qui ne sont pas candidates déclarées. Certains se soulagent ainsi en réglant d'un coup de crayon leurs comptes avec tel ou tel, et se font plaisir en rajoutant quelques noms de personnes qui, sans rien demander, obtiennent quelques voix.

Je ne me doutais pas de la satisfaction que l'on peut ressentir d'avoir été élue par les habitants de la commune. Je ne me doutais pas non plus du sentiment de frustration qu'on peut éprouver de voir son nom rayé vigoureusement sur un bulletin de vote, et d'injustice de ne pas pouvoir en connaître la raison. Cependant tous ont eu leur nom rayé à quelques reprises avec plus ou moins d'acharnement.

Une chose m'a cependant beaucoup amusée, c'est, avant même les résultats, le nombre de personnes qui me félicitent de m'être présentée en insistant sur l'intérêt d'avoir des personnes qui s'investissent pour la commune, ...alors qu'elles ne se présentent pas elles-mêmes et ne prennent pas le moindre engagement public, ne serait-ce qu'au sein d'une des associations du village. Ce discours qui pourrait se résumer par un "c'est bien que les autres se mouillent" m'a beaucoup fait sourire.

01/03/2008

Candidate !

1025236991.jpgTout bien considéré, après pas mal de temps à m'interroger, j'ai fini par me décider sur ma participation aux élections municipales.  J'ai accepté la proposition de figurer sur la liste constituée par le Maire. J'avoue avoir longtemps hésité. Les interrogations qui étaient les miennes lors du dernier post n'ont cessé de se confronter dans mon esprit.

Finalement, l'envie de faire quelque chose pour mon village, ou tout au moins de participer à sa gestion l'a emporté. Je crois qu'au fond de moi je me serais reprochée de ne pas avoir saisi l'opportunité de m'investir pour cette commune à laquelle je me sens tellement attachée. Ce n'est pas trop dans ma nature de me défiler.

Il est vrai qu'à ce niveau, l'activité d'une jeune élue n'est pas envahissante, et devrait me permettre de poursuivre mes études et mes premiers pas dans la vie active sans trop m'entraver, et que l'atmosphère apolitique de notre petite commune fait que l'ambiance des conseils est plutôt détendue. Je ne me serais pas lancée dans un vrai combat politique comme l'a fait une de mes amies sur une ville voisine comptant plus de 10000 habitants.

J'ai bien évidemment consulté Carole, qui me soutient énergiquement. Elle aurait été capable de décrocher le téléphone et de donner ma réponse à ma place. Les choses auraient peut-être été moins évidentes il y a un an ou deux, alors que nous ne faisions de commencer à nous montrer comme un couple. Maintenant la donne a changé, et nous n'avons plus la moindre réticence là dessus.

23/02/2008

Ira, ira pas ?

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Quelle n'a pas été ma surprise quand le Maire de mon village m'a appelée il y a deux jours en m'offrant de faire partie de sa liste pour les prochaines élections municipales. La proposition est tardive, dûe au désistement de dernière minute d'un conseiller sortant. J'ai jusqu'à mardi prochain pour me décider et rendre réponse.

L'offre est destabilisante pour moi : je me sens à la fois honorée qu'on pense à me proposer ce genre d'opportunité et qu'on estime que je suis digne d'une telle responsabilité, mais également prise de court par l'idée d'un engagement politique (pas question d'idéologie à ce niveau, mais de politique dans le sens original, celui de la gestion de la cité) que je n'avais pas envisagé, la durée de cet engagement (6 ans !), et l'importance des responsabilités (même s'il ne s'agît pas de participer à la gestion d'une grande ville, mais d'un petit village).

Pourquoi moi ? Il semble que le Maire ait voulu à la fois rajeunir un peu la moyenne d'âge (50 ans), et ajouter un membre féminin de plus à une liste majoritairement masculine. Le fait que je sois originaire du village et que je sois très attachée à cette terre ont également penché dans la balance.

Maintenant : ira ? ira pas ? Je ne sais pas encore. Je pèse le pour et le contre, prise entre envie de participer concrètement à la vie de mon village, et réticence devant l'importance de l'engagement.

20/02/2008

Résistance...

Alors que la télévision de secteur public est au milieu de turbulences en ce qui concerne son avenir et les moyens qu'elle aura pour financer ses programmes, je voulais souligner la qualité des deux documentaires sur la Résistance qui ont été diffusés ce début de semaine. Un genre de programme qu'on n'aurait jamais trouvé sur aucune autre chaine privée à une heure d'aussi grande écoute. Une autre façon de présenter une page de l'histoire récente de notre pays, très instructive, émouvante, ...et qui appelle à réfléchir pour qui en aura pris le temps une fois la télévision éteinte...

Et si entretenir la mémoire collective passait par ce genre d'émissions ?

Un programme autrement plus original et intéressant que le nième épisode de la vie d'un flic, d'un magistrat ou d'un avocat, ou que les efforts désespérés de jeunes cherchant désespérément à devenir des "stars".

19/02/2008

Qui a eu cette idée folle ?

Qui a eu cette idée folle de vouloir lier à de jeunes enfants de 10 ans la mémoire du destin tragique d'un des enfants juifs victimes de la barbarie nazie ? Si l'idée de vouloir alerter les jeunes consciences contre les risques du totalitarisme et du racisme par l'exemple de ce sinistre épisode du XX° siècle est louable, la méthode choisie au sommet de l'Etat est purement grotesque et irresponsable, tant elle mélange devoir de mémoire et culpabilité. Etre individuellement dépositaire de la mémoire d'un jeune enfant tué par les nazis pour son appartenance raciale ne risque-t-il pas de hanter l'esprit parfois fragile d'un élève de CM2 ? Comment seraient armés les instituteurs qui doivent déjà assurer tant de disciplines sans en avoir forcément tous les moyens, dans le cas où l'élève de CM2 ressentirait mal le poids de cette mémoire ? Ne serait-il pas plus sérieux d'aborder dans un cours le racisme dans sa globalité, avec quelques unes des illustrations de ces dernières années sans pointer du doigt l'histoire d'un enfant de façon individuelle ?

Certaines voix venues des Antilles font savoir qu'elles aimeraient bien également qu'on se penche également sur le destin des déportés de la Traite des Noirs (que la France a toujours du mal à assumer). La remarque est juste. Le racisme est malheureusement beaucoup plus large que l'antisémitisme , et c'est plutôt de manière globale qu'il serait souhaitable d'éveiller les jeunes conscience, quitte à détailler quelques uns des exemples les plus terrifiants ... mais de manière encadrée afin de ne pas laisser une fois de plus les enseignants se débrouiller avec un sujet délicat à traiter.